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Le Petit Journal : Découvrez l'interview glaçante d'un passeur de migrants

Le Petit Journal : Découvrez l'interview glaçante d'un passeur de migrants

Depuis la rentrée du Petit Journal, les téléspectateurs peuvent retrouver le reporter Martin Weill qui est actuellement en Turquie pour témoigner de la vie quotidienne des réfugiés qui tentent de traverser la mer pour rejoindre l'Europe. Le journaliste a pu rencontrer un jeune passeur de migrants pour une interview.

La crise des migrants est au centre de l'actualité depuis plusieurs mois. Invité à s'exprimer à ce sujet lors de la première du Grand Journal présenté par Maïtena Biraben, le Premier ministre Manuel Valls a tenu à rassurer les français, notamment au sujet des mesures d'accueil prises par l'Etat. "Il faut convaincre. Il faut ne pas tenir compte parfois des sondages quand on a des convictions. Il faut rassurer les Français en utilisant les bons mots : l’asile, les réfugiés, les migrants, ceux qui n’ont pas vocation à être sur notre sol. Nous n’avons cessé d’augmenter les moyens de l’OFPRA (l’Office français de protection des réfugiés et apatrides), et nous continuerons. Nous sommes pleinement engagés. L’émotion, nous la partageons. Elle nous bouleverse mais notre rôle, comme responsables c’est de faire en sorte que nous agissions avec humanité, avec responsabilité et avec sérieux" a-t-il ainsi déclaré sur le plateau de l'émission de Canal+.

"Je ne me sens absolument pas responsable, pas le moins du monde"

Depuis la reprise du Petit Journal ce lundi 7 septembre, les téléspectateurs ont pu retrouver le reporter Martin Weill. Le jeune homme de 28 ans se trouve actuellement en Turquie où il réalise des reportages diffusés chaque jour dans l'émission de Yann Barthès, sur le quotidien des migrants qui risquent leur vie pour tenter de rejoindre l'Europe par la mer. Si le journaliste a d'ores et déjà pu recueillir plusieurs témoignages de migrants, il a livré hier, mardi 8 septembre, une interview rare : celle d'un passeur de migrants. "Les chefs de filières sont turcs mais ils emploient souvent des hommes de main syriens ou palestiniens pour traiter directement avec les réfugiés. Un de ces jeunes passeurs a accepté de nous donner une interview sous couvert d'anonymat" a ainsi expliqué Martin Weill.

Pour pouvoir traverser la mer et tenter de se rendre en Europe, les migrants doivent payer des sommes astronomiques aux passeurs. Bien souvent, comme le souligne Martin Weill, ils sont contraints de dormir dans la rue en attendant d'embarquer car ils n'ont plus d'argent. Le passeur rencontrer par le journaliste commence par aborder la question de son salaire et celui de son chef : "On demande [aux migrants] en moyenne 1 200 dollars (par personne, ndlr). Il y a d'autres bateaux, plus gros, c'est 2 500 dollars et il y en a même sur lesquels une place se monnayent 5 000 dollars. On peut mettre jusqu'à 40 personnes sur un zodiac. Moi je gagne à peu près 1 000 dollars pour chaque bateau. Mon patron turc se fait entre 40 et 50 000 dollars par bateau. Le conducteur [du bateau] est un réfugié syrien pauvre, on lui apprend à manoeuvrer et c'est lui qui conduit les réfugiés. Vu qu'il est pauvre, il nous rend ce service et en échange c'est gratuit pour lui" dévoile ainsi le jeune homme.

Après avoir montré à Martin Weill des vidéos montrant l'arrivée de réfugiés sur des îles voisines, le témoignage de ce passeur va devenir encore plus glaçant. En effet, alors que le reporter l'interroge au sujet des très nombreux migrants qui ont perdu la vie en tentant de rejoindre l'Europe, son interlocuteur semble y rester insensible : "Ce n'est pas de ma responsabilité. C'est celle des pays arabes et européens. Leurs chefs d'état n'ont qu'à trouver des solutions pour aider les réfugiés. Je ne me sens absolument pas responsable, pas le moins du monde."

 

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