Politique

Turquie : Violents affrontements entre les forces de l'ordre et les rebelles kurdes. De nombreuses victimes.

Turquie : Violents affrontements entre les forces de l'ordre et les rebelles kurdes. De nombreuses victimes.

Des affrontements ont éclatés ce dimanche 26 juillet entre les forces séparatistes kurdes, le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et le gouvernement mis en place, à savoir l’AKP (Parti de la justice et du développement).

Le 20 juillet dernier, un attentat-suicide meurtrier a été perpétré à Suruç par un membre de l’État Islamique. Après cet événement, le gouvernement turc dirigé par Ahmed Davutoglu, le premier ministre, a fait d’une pierre deux coups en ordonnant des frappes aériennes contre des cibles djihadistes d’une part en Syrie et des positions du PKK en Irak d’autre part. C’est ainsi que le gouvernement a illustré la rupture de la trêve avec le PKK qui était mise en place depuis 2013. Figen Yuksekdag, co-présidente du parti pro kurde HDP (Parti démocratique des peuples), s’exprime à ce propos en s’adressant au gouvernement : « Pourquoi revenez-vous sur vos engagements et menez-vous aujourd’hui une guerre des gangs en rompant le cessez-le-feu qui garantit le processus de paix ? ». En réponse à ces raids aériens, un attentat à la voiture piégée a été organisé par les rebelles séparatistes kurdes ce vendredi, tuant deux soldats turcs. Suite à cela, le gouvernement a procédé à des arrestations massives de près de 600 personnes issues du PKK, mais aussi du parti de l’extrême gauche et de l’État Islamique. Lors de ce « coup de filet », une manifestante d’extrême gauche a été tuée par les forces de police. Une manifestation a ensuite eu lieu à Istanbul mais a dérapée rapidement en affrontements entre les forces armées du gouvernement et les membres du Parti des travailleurs du Kurdistan. C’est dans ce contexte qu’un policier a trouvé la mort alors qu’il procédait à des interpellations dans le quartier de Gazi.

Deux enseignants, un turc et un français, analysent ce revirement soudain et cette prise de position offensive de la part de l’AKP.

Avec cette attaque directe sur deux fronts à la fois, le gouvernement turc, mis en place depuis 2002, désempara tous le monde de par son instantanéité. Ahmet Insel, politologue et enseignant à l’Université Galatasaray, analyse la raison de ces actions militaires. Selon lui, l’AKP, symbolisant le gouvernement turc, veut montrer qu’ils attaquent frontalement tous les terroristes et pas seulement les musulmans. De son côté, Fabrice Balanche, professeur à l’université de Lyon II et spécialiste du Moyen-Orient, pense que ce gouvernement tente simplement de pousser les deux forces adverses, à savoir les membres du PKK ainsi que ceux de l’ÉI, à s’affronter. En tous les cas, les affrontements se poursuivent et ne sont pas prêt de s’arrêter à en croire le premier ministre turc. En effet, ce dernier semble déterminé à éliminer toutes les forces jugées comme terroristes qui subsisteront.

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