Politique

Tunisie : le message poignant d'Abderrazak Zorgui, journaliste immolé par le feu (vidéo)

Tunisie : le message poignant d'Abderrazak Zorgui, journaliste immolé par le feu (vidéo)

La ville de Kasserine est le théâtre de nouvelles scènes de violence, suite à la mort d'Abderrazak Norgui. Lundi 24 décembre, ce journaliste s'était immolé par le feu. Un geste qu'il a expliqué via une vidéo sur YouTube. Une séquence à retrouver sur Non Stop Zapping.

La nuit du mardi 25 à ce mercredi 26 décembre a été placée sous le signe de la violence, en Tunisie et notamment à Kasserine, dans le centre-ouest du pays, à Tebourba et Jbeniana. Ce sont dans ces trois villes que plusieurs jeunes ont décidé de s'opposer violemment aux forces de l'ordre. Ces dernières ont répliqué avec des jets de pierres ou encore des tirs de gaz lacrymogène. Un policier aurait même été blessé dans la ville de Sfax et cinq personnes ont également été interpellées par les autorités dans à Tebourba, d'après le porte-parole de la sûreté national, Walid Hkima interrogé par l'AFP. Une mobilisation extrêmement violente qui a commencé lundi 24 décembre dernier, après l'immolation par le feu du journaliste Abderrazak Norgui, 32 ans. 

Un geste lourdement symbolique 

Caméraman pour une chaîne de télévision privée, Abderrazak Norgui est passé à l'acte dans la ville de Kasserine. Et s'il a décidé de se laisser submerger par les flammes, c'était avec un but très précis en tête : celui de créer une "révolution". Sur Facebook, peu de temps avant son geste, le journaliste a publié une vidéo choc dans laquelle il s'expliquait. "Nous allons faire une révolution, et quiconque voudra me rejoindre et me soutenir est le bienvenu. Je vais manifester seul et je vais m’immoler. Et que Dieu vienne en aide à quiconque essaiera de m’arrêter", a-t-il averti. "Pendant 8 ans j’ai tenté de trouver un travail mais année après année, rien n’a marché. Tout n’est que mensonge. Je ne suis lié à aucun parti politique [...] Je ne vais attendre ni janvier, ni février, ni mars. A quoi bon ? Il ne me reste que 20 minutes, après quoi je vais m'asperger d'essence et m'immoler. Pourvu que l'Etat daigne penser à Kasserine", a ensuite conclu Abderrazak Norgui, avant de s'immoler. Son geste lui a coûté la vie. Une personne soupçonnée d'être impliquée dans ce geste a été arrêtée d'après le ministère de l'Intérieur. En 2011, un vendeur ambulant du nom de Mohamed Bouazizi s'était aussi immolé par le feu. Un acte qui est aujourd'hui reconnu pour avoir déclenché le printemps arabe. 

Par Laura C-M

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