Politique

Simone Veil est décédée à l’âge de 89 ans, revivez son poignant discours pour le droit à l’IVG (Vidéo)

Simone Veil est décédée à l’âge de 89 ans, revivez son poignant discours pour le droit à l’IVG (Vidéo)

Simone Veil est décédée ce vendredi 30 juin à son domicile. Icône du droit des femmes, elle a permis à l’égalité entre les sexes d’entrer au premier plan de la vie politique. Non Stop Zapping revient sur son plus célèbre discours, pour la légalisation de l’avortement.

Simone Veil s’est éteinte à l’âge de 89 ans à son domicile parisien du 7e arrondissement de Paris. L’ancienne ministre de François Mitterrand et de Valérie Giscard d’Estaing a marqué l’histoire de France par son combat pour les droits des femmes et l’égalité des sexes. Femme politique d’envergure, elle a présidé le Parlement européen de 1979à 1982 avant de rejoindre le Conseil Constitutionnel en 1998. Elle y restera 9 ans, jusqu’en 2007. Rescapée de la Shoah, elle a fait preuve d’une rare combativité dans ses choix politiques et dans sa vie professionnelle, à une époque où le rôle et la place des femmes étaient encore très mal vu dans les hautes sphères de l’État. Mère de l’IVG en France, le discours qu’elle a prononcé le 26 novembre 1974 pour la dépénalisation de l’avortement est devenu historique.

"Elles sont 300 000 chaque année"

Dans sa lutte pour la dépénalisation de l’avortement, Simone Veil s’est heurtée à de violentes injures, réactions, parfois même menaces. Pourtant, c’est seule qu’elle a livré un discours poignant face à une assemblée quasi exclusivement masculine. "C’est un projet qui, selon les termes même du président de la République, a pour objet de 'mettre fin à une situation de désordre et d’injustice et d’apporter une solution mesurée et humaine à un des problèmes les plus difficiles de notre temps'', déclarait-elle en préambule. La ministre de la Santé interpellait les députés sur la nécessité d’ouvrir le droit pour assurer la sécurité des femmes. "En face d’une femme décidée à interrompre sa grossesse, ils [les médecins, ndlr] savent qu’en refusant leur conseil et leur soutien , ils la rejettent dans la solitude et l’angoisse d’un acte perpétré dans les pires conditions, qui risque de la laisser mutilée à jamais (…) Ils savent que la même femme, si elle a de l’argent, si elle sait s’informer, se rendra dans un pays voisin ou même en France dans certaines cliniques et pourra, sans encourir aucun risque ni aucune pénalité, mettre fin à sa grossesse. Et ces femmes, ce ne sont pas nécessairement les plus immorales ou les plus inconscientes. Elles sont trois cents mille chaque année".

Par Alicia Dubreuil

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