Politique

La photo de l’enfant syrien noyé n’en finit pas de bouleverser

La photo de l’enfant syrien noyé n’en finit pas de bouleverser

Une photo fait le tour du monde depuis mercredi, celle d’un enfant syrien, sans vie, échoué sur une plage turque. Le cliché n’en finit pas de bouleverser l’Europe.

La photo a eu l’effet d’un électrochoc en Europe. Celle d’Aylan al-Kurdi, un syrien de 3 ans, retrouvé noyé sur une plage turque de Bodrum. Avec sa famille et d’autres réfugiés, ils tentaient de rejoindre l’île grecque de Kos. D’abord publiée par le quotidien anglais The Independant, la photo a été relayée en France par Le Monde. "Cette photo, dès qu’on l’a vu, on a estimé qu’elle pourrait marquer un tournant dans la perception des opinions publiques européennes sur ce qu’est la crise des migrants", Explique Luc Bronner, le directeur de la réaction du Monde. Si sur les réseaux sociaux, les réactions fusent également dans les médias. Au micro de France 2, plusieurs passants donnent leur avis et il faut dire que la photo fait débat. Les deux premiers sont totalement pour :"Il faut montrer la vérité au gens. En France, on met des tracteurs, c’est tellement plus facile" ou "Moi je suis pour montrer les choses pour que les gens se réveillent. On vit dans une société où l'on ne veut rien voir". Tandis que les deux suivants sont contre cette violence des images et préfèrent ne rien voir : "Voir un enfant échoué sur la mer, c’est très violent et à mon sens ce n’est pas la peine de le montrer" ou encore "Nous avons assez de problèmes à gérer pour, en plus, exhiber la mort d’un enfant".

BHL, Yann Arthus-Bertrand et Philippe Douste-Blazy espèrent un éveil des consciences

Le philosophe Bernard-Henri Levy s’est rapidement exprimé à ce sujet sur BFMTV, par téléphone : "On est sans voix face à cette image, face à ce petit corps, face à ce petit garçon échoué sur la plage d’une station balnéaire. C’est d’abord atroce. Il peut arriver qu’une image, lorsqu’elle fait ainsi le tour du monde, ait cette vertu d’éveiller les consciences, de casser la mécanique froide des chiffres". Le réalisateur et écologiste, Yann Arthus-Bertrand, lui, est venu parler du fait que pour beaucoup de réfugiés, les pays occidentaux sont synonymes de "paradis" et que ce n’était que le début des vagues migratoires : "Dans ces pays, vous n’avez pas beaucoup d’autres solutions que de partir. Mais je vais vous dire une chose : ce n’est que le début. J’ai vu que dans les premiers six mois de cette année il y a eu autant d’arrivées que l’année dernière. Je n’ai pas la solution mais bien sûr qu’il faudra partager et accepter d’une certaine façon". Quant au Dr Mego Terzian, président de "Médecins sans Frontières", et à Philippe Douste-Blazy, le secrétaire général adjoint des Nations-Unies, ils sont sur la même longueur d’onde. En effet pour le premier, "Il fallait publier pour alerter l’opinion publique. Pour montrer que les gens fuient leur pays parce que là-bas ils tuent. Ils cherchent des endroits estimés stables pour continuer leur vie" et pour le second, ce genre de drame est "quelque chose de quotidien depuis des années maintenant. On ne peut pas parler uniquement de quotas. On ne peut pas recevoir toute la misère du monde mais encore une fois, ce sont des êtres humains".

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