Politique

Jean-Marie Le Pen – FN et détail de l’histoire, retour sur 25 ans de dérapages et mensonges

Jean-Marie Le Pen – FN et détail de l’histoire, retour sur 25 ans de dérapages et mensonges

ZAPPING – Depuis 24h, Jean-Marie Le Pen n’est plus membre du Front National. Ce parti cofondé par le leader nationaliste, existe désormais sous la houlette de sa fille Marine Le Pen et des quelques têtes d’affiches comme Florian Philippot, Louis Alliot ou Gilbert Collard. L’exclusion de Jean-Marie Le Pen est justifiée par les derniers dérapages du député européen notamment sur les chambres à gaz. Des propos scandaleux qui ne choquaient pas la nouvelle direction du FN il y a tout juste un an…

Jeudi 20 aout 2015, le bureau exécutif du Front National a décidé l’exclusion du parti de Jean-Marie Le Pen. Suite à différents conflits avec la nouvelle direction et notamment sa fille Marine Le Pen, l’emblématique leader est écarté du mouvement frontiste. Dans le viseur, les déclarations récentes du président d’honneur sur les chambres à gaz ou encore le pétainisme.

En 1987 dans les studios de RTL, Jean-Marie Le Pen choquait la France, l’Europe puis le monde entier en affirmant que les chambres à gaz étaient un « détail de la seconde guerre mondiale ». « Je ne dis pas que les chambres à gaz n’ont pas existé… je n’ai pas pu moi-même en voir, mais je crois que c’est un point de détail de l’histoire de la seconde guerre mondiale ».


Des propos qui ne sont jamais passés, mais que Jean-Marie Le Pen n’a eu de cesse de confirmer. Au cours de différentes interviews accordées à la presse papier, à Munich en 1997 alors qu'il s'affiche avec l'ancien Waffen-SS Franz Schönhuber ou encore le 25 mars 2009 au Parlement Européen.  Accusé d’être un négationniste par Martin Schultz, Jean-Marie Le Pen réitère alors ses propos. « Je me suis borné à dire que les chambres à gaz étaient un détail de l’histoire de la seconde guerre mondiale. Ce qui est une évidence. »

Le 2 avril dernier sur le plateau de BFM TV face à Jean-Jacques Bourdin, il prouvait une nouvelle fois que sa vision n’avait pas évolué en confirmant ses propos et affirmant d’ailleurs ne rien regretter. Une déclaration qui a lancé ce processus d’exclusion explique ce vendredi 21 aout Florian Philippot actuel vice-président du Front National toujours face à Jean-Jacques Bourdin.

« Vous lui avez posé ces questions et il était parfaitement libre de vous répondre ou de ne pas vous répondre. Hors, il a décidé de réitérer cette histoire de « détail » ce qu’il n’avait jamais fait depuis que Marine Le Pen est présidente du Front National. »

Traduction ? Marine Le Pen incarne un FN dédiabolisé qui ne laisse pas passer ce type d’idée et notamment les dérapages historiques du co-fondateur du parti. En d’autres termes, le FN actuel ne cautionne plus les visions historiques de Jean-Marie Le Pen.

Malheureusement pour Florian Philippot, l’élection de Marine Le Pen à la tête du Front National n’a jamais contraint le patriarche à se taire. Depuis la prise de pouvoir de MLP, le 16 janvier 2011, Jean-Marie Le Pen a justifié et confirmé ses propos sur les chambres à gaz. A France Info notamment, mais également au JDD le 5 octobre 2012 à l’occasion des 40 ans du FN.

« Citez-moi une phrase antisémite de Jean-Marie Le Pen. L'antisémitisme, c'est une doctrine, pas un jeu de mots qu'on juge bon ou mauvais. Vous ne pouvez pas dire que le "détail" des chambres à gaz est une position antisémite. D'ailleurs, je déclare maintenant : "J'ai bien compris. C'est la Seconde guerre mondiale qui est un détail de l'histoire des chambres à gaz."

Enfin, la presse étrangère elle n’a pas oublié cette « reprise » d’Edith Piaf. Interrogé dans les couloirs du Parlement Européen par un journaliste néerlandais le 1er juillet 2014 sur ces propos sur les chambres à gaz, Jean-Marie Le Pen s'amuse et se lâche « Je ne regrette rien monsieur. Non, rien de rien, non, je ne regrette rien ».

Avoir Marine Le Pen comme présidente de parti ou comme simple fille, n’a jamais rien changé pour Jean-Marie Le Pen. L’interview du président d’honneur du FN, n’est pas un écart de la ligne de conduite mise en place par les frontistes, juste une erreur de timing volontaire ou non d’ailleurs. A l’heure où le Front National rêve de conquête du pouvoir, les petites phrases n’ont plus lieu d’être. Avant, c’est-à-dire, il y a tout juste une année, elles ne dérangeaient pas, aujourd’hui elles mènent à l’exclusion.
 

Non tout n’a pas commencé chez Jean-Jacques Bourdin. Plutôt dans les coulisses du pouvoir. En Mars 2009, Marine Le Pen donnait d’ailleurs un aperçu de la nouvelle ligne du FN. Invitée de l’émission « Ripostes » en partie pour évoquer le dérapage de son père au Parlement Européen ( voir plus haut), la future présidente du Front National affirmait que le patriarche ne disait rien de scandaleux, mais était simplement victime de sa réputation, « c’est la raison pour laquelle je pense qu’il ne faut pas aborder ces sujets-là ».

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