Politique

Des paroles et des actes - Manuel Valls refuse de faire preuve d'autodérision : "La politique ce n'est pas du spectacle"

Des paroles et des actes - Manuel Valls refuse de faire preuve d'autodérision : "La politique ce n'est pas du spectacle"

C'est à Manuel Valls qu'était consacré le nouveau numéro de Des paroles et des actes ce jeudi 24 septembre sur France 2. Le Premier ministre a été un invité un peu difficile pour le journaliste Karim Rissouli qui faisait ses débuts dans l'émission. Il a en effet refusé de se prêter au jeu d'une petite séquence d'autodérision. Non Stop Zapping vous en dit plus.

Ce jeudi 24 septembre, Manuel Valls était sur le plateau de l'émission Des paroles et des actes présentée par David Pujadas sur France 2. Parmi les sujets abordés au cours de la soirée, le Premier ministre s'est longtemps penché sur la crise des migrants. "Il y a un double message très important à faire passer. Il y a cette tradition d'accueil, le droit d'asile. C'est un droit constitutionnel, international, inscrit au cœur même des valeurs de notre pays, de la République, de la France. En même temps, il y a quelque chose d'important. Nous ne pourrons pas en Europe accueillir tous ceux qui fuient la dictature en Syrie. Il y a 20 millions de Syriens, neuf millions de Syriens déplacés dans leur propre pays, cinq millions qui pour beaucoup sont en Jordanie, en Turquie, en Libye, souvent dans des camps de réfugiés mais aussi parfois dans des villages vivant dans des conditions précaires" a-t-il notamment déclaré.

"Je pense que la politique c'est pas du spectacle"

Si tout au long de la soirée Manuel Valls a su faire preuve d'humour à plusieurs reprises notamment en taquinant Emmanuel Macron, il a tenu à rester très sérieux en fin d'émission lorsque Karim Rissouli lui a demandé de se prêter au jeu des "mean tweets". Il s'agit pour l'invité de lire et commenter des tweets méchants le concernant. Le journaliste a demandé au Premier ministre de choisir entre un tweet gentil et un tweet méchant. Mais, visiblement Manuel Valls n'avait pas très envie de jouer. "Je vais prendre bien sûr le méchant pour pas déclencher des tweets après. Mais, quand même, un mot, je vous donne ma conception, ça fera réagir. Je pense que la politique c'est pas du spectacle. Bien sûr nous vivons tous avec les réseaux sociaux, mais les réseaux sociaux c'est pas du spectacle. On peut se détendre mais dans le moment qui vient moi je reste ce que je suis, je dis attention. Attention à tout ce qui dévalorise les responsables publiques. Les réseaux sociaux ça fait partie de notre société et je les lis, j'y prête de l'attention - plus ou moins - mais je dis attention parce que il y a un moment où à force de faire tomber du piédestal les responsables publiques, quels qu'ils soient, il ne faut pas s'étonner que la démocratie se fissure" a-t-il ainsi déclaré.

Gêné, Karim Rissouli ne savait plus trop quoi faire de son "tweet méchant" mais a fini par le lire lui-même : "T'imagine l'angoisse chez toi une table basse qui reflète le visage toujours énervé de Valls ça te dissuade de poser un verre" avait plaisanté un internaute. Face à cette remarque qui revient régulièrement et qui reproche à Manuel Valls d'avoir toujours l'air énervé, le Premier ministre s'est expliqué en soulignant qu'il était très préoccupé : "La France est à la croisée des chemins, la gravité qu'évoquait aussi François Fillon tout à l'heure. Elle est sur le fil du rasoir. [...] Dans ce moment-là, à la place qui est la mienne, oui la gravité elle se pose. La peur, jamais. L'engagement, toujours. Le combat politique contre l'extrême droite ou pour défendre mes convictions, nos convictions en permanence. [...] Je suis un homme comme tout le monde, un père aimant de mes enfants, mais ma personne, ce que je suis [...] ça n'est pas là l'essentiel. L'essentiel c'est la France, Karim Rissouli, c'est ce que nous sommes en train de vivre. Une année qui commence avec Charlie tout de même ! Avec des crises, des réfugiés qui touchent l'essentiel de ce que nous sommes, avec des urgences climatiques, avec la possibilité de voir l'extrême droite, avec ce qu'elle est, ce qu'elle charrie, remporter des régions ! Et moi, je serais là dans la dérision ? Non"

Réagissez à l'actu people