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Attentat de l'Hyper Cacher : Un témoin remet en cause l'enquête policière

Attentat de l'Hyper Cacher : Un témoin remet en cause l'enquête policière

6 mois après les attentats qui ont frappé Paris, un témoin qui était devant l'Hyper Cacher au moment ou Amédy Coulibaly est entré dans le magasin et est parvenu à s'enfuir s'est confié aux journalistes du Grand Soir 3. Il se demande si le drame n'aurait pas pu être évité si la police avait fait circuler une photo d'Amédy Coulibaly.

Ce jeudi 9 juillet, cela fera 6 mois jours pour jour que des hommes et des femmes ont été pris en otages dans l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes. Hier, un certain Antoine, premier homme du Raid à être entré dans le magasin lors de l'assaut contre Amédy Coulibaly a livré un témoignage poignant sur France 2.

"On sait qu'il y a à peu près une vingtaine d'otages et un homme surarmé, voire deux" a-t-il confié avant d'ajouter  "C'est peut-être cru, mais c'est un combat. Quand vous rentrez dans ce genre de situation, c'est lui ou vous." Il décrit ensuite les premières secondes de l'assaut : "Je rentre, il est en face de moi, les armes à la main. Il me laisse à peine le temps de rentrer qu'il me tire dessus. Pendant ce temps-là, je fais action de feu, je vois les otages qui sont sur ma gauche. Certains sont à terre, certains sont accroupis donc moi j'essaye de le neutraliser et puis je reçois un impact dans le bouclier et donc là je décide de faire un décalage sur la droite."

"Il a eu le temps de sortir son arme, de se mettre en position... Il n'était pas pressé"

Si les forces de l'ordre ont été vivement remerciées après les attentats qui ont frappé la capitale début janvier, 6 mois après, témoins et victimes s'interrogent. Ainsi, un homme nommé David, était dans sa voiture devant l'Hyper Cacher ce jour-là. Il a vu Amédy Coulibaly entrer dans le magasin et commencer à tirer. Il a témoigné ce mardi 7 juillet dans Le Grand Soir 3 sur France 3. L'homme est traumatisé et ne cesse de repenser au vendredi 9 janvier : "Je ne trouve pas le sommeil, je ne dors pas. Hier soir encore je n'ai pas dormi. Depuis le mois de janvier, je n'ai pas repris le travail non plus" confie-t-il.

Mais, David se pose surtout beaucoup de questions. Après avoir réussi à s'enfuir, il a prévenu la police qui a tout de suite pu identifier Amédy Coulibaly recherché depuis la veille et le meurtre d'une jeune policière. "Moi aujourd'hui ce que je me demande réllement c'est simplement pourquoi est-ce qu'un policier est sûr de lui quand il me montre une photo. Ils sont sûrs que c'est lui qu'ils cherchent puisque sinon ils ne me l'auraient pas montré, ils m'auraient demandé de le décrire, ils en auraient parlé. Ils savent que c'est lui, mais à ce moment-là, il n'y a qu'eux qui le savent. Lui, quand il est arrivé devant l'Hyper Cacher, il marchait tranquillement, il a posé son sac tranquillement, en prenant son temps. Il a eu le temps de sortir son arme, de se mettre en position... Il n'était pas pressé" explique David.

Ce que pense le jeune homme et d'autres personnes qui s'interrogent comme lui, c'est que le but d'Amédy Coulibaly n'était pas d'abattre cette policière. Dans le quartier où a eu lieu la fusillade se trouvent une épicerie cacher, une synagogue et une école juive. Beaucoup pensent alors que c'est l'établissement scolaire qu'il visait, comme Mohamed Merah. Maître Axel Metzke, l'avocat de David souligne que la communauté juive aurait dû être mieux protégée. Le lien entre Amédy Coulibaly et les frères Kouachi (auteurs de l'attentat contre Charlie Hebdo deux jours plus tôt) a été établi dès le 8 janvier. L'avocat s'interroge "Personne ne se parle ? Tout le monde était au courant de ses motivations, et personne ne se souvient de l'affaire Merah ?"

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