Cinéma

Juliette Binoche sur l'affaire Adèle Haenel et le harcèlement dans le cinéma: "On a toutes des histoires comme ça" (vidéo)

Juliette Binoche sur l'affaire Adèle Haenel et le harcèlement dans le cinéma: "On a toutes des histoires comme ça" (vidéo)

Dans "Clique", ce jeudi 19 décembre, Juliette Binoche était l'invitée de Mouloud Achour pour la promotion de son nouveau film "La Vérité" de Hirokazu Kore-Eda. L'actrice est revenue sur l'affaire Adèle Haenel et sur le harcèlement dans le cinéma français.

Dans une longue enquête publiée par Mediapart, le 3 novembre dernier, la comédienne Adèle Haenel révélait avoir été victime "d'attouchements sexuels" entre ses 12 et 15 ans, de la part du réalisateur Christophe Ruggia. En pleine ère #MeToo, l'article fait l'effet d'une bombe dans le cinéma français alors même que les artistes de l'Hexagone préféraient rester discrets, loin des polémiques hollywoodiennes. Les langues se délient et ce jeudi 19 décembre, dans "Clique" sur Canal+, Juliette Binoche a été interrogée sur "l'affaire Adèle Haenel" et plus généralement, le harcèlement qui peut être subi par les femmes dans ce milieu. Sur le plateau, une chroniqueuse s'étonnait de "cette prise de parole extrêmement rare dans le cinéma français" et l'actrice, qui s'est exprimée dans plusieurs magazines sur des scandales similaires, a rapidement montré qu'elle n'avait pas peur de s'engager sur le sujet : "Dans le cas d'Adèle Haenel, ce sont des récurrences, tous les samedis et sur plusieurs années tandis que quand il y a un accident, qu'un metteur en scène ou un producteur tente quelque chose – des gens qui ont beaucoup de pouvoir sur les acteurs et actrices – à ce moment-là, disons qu'on rectifie le tire. C'est pas la même chose, quoi !" a-t-elle commencé.

« … cette scène obligée de nudité qui va vendre le film »

Juliette Binoche a ensuite fait quelques révélations sur des incidents qui se sont produits au cours sa prestigieuse carrière : "Il est vrai que j'ai du beaucoup discuter avec les metteurs en scène... Ou quand il y avait des scènes de nu, le producteur se pointait, tout d'un coup sur le plateau et on ne savait pas pourquoi. C'est arrivé plusieurs fois. À chaque fois, il fallait tergiverser sur « Bah non, pourquoi on aurait besoin de cette scène-là ? ». On a toutes, je pense, des histoires comme ça". L'actrice de "Mauvais Sang" a tenu à préciser que l'autre sexe pouvait rencontrer les mêmes problèmes : "Je pense que les hommes peuvent aussi avoir ce souci là mais c'est bien qu'on en parle, que ce soit mis sur la table et qu'on choisisse la façon de raconter les histoires et non pas toujours cette scène obligée de nudité qui va vendre le film". 

Et le 7e Art aurait pris de mauvaises habitudes en voulant en permanence montrer des corps féminins dévêtis : "Il faut remettre un peu les choses dans le contexte, aussi. Dans les années  70 et 80, c'était aussi pas mal niveau nudité mais disons qu'en France, il n'y avait pratiquement pas un film qui ne mettait pas les femmes nues... Et les hommes, ensuite". Celle qui a joué dans "Les Amants du Pont-Neuf" et "Le Patient anglais" estime que s'exposer équivaut à prendre un risque : "Une caméra sur soi, c'est déjà assez fort. C'est comme un œil suprême, je dirais presque, qui va chercher l'intime. Le metteur en scène doit être, pas forcément un ami, mais quelqu'un qui prend soin de l'âme" a-t-elle expliqué. Certains devraient en prendre de la graine !

 

Par Elodie F.

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